Affaire de cours, le mercredi !

La décision est officielle depuis quelques jours. Depuis cette rentrée scolaire 2016-2017 (qui a eu lieu le 13 septembre), le mercredi est désormais jour ouvrable pour le monde de l’enseignement primaire. Ce qui signifie clairement que les écoliers ne se reposeront plus ce jour-là. Ils iront à l’école, comme tous les autres élèves, mais seulement le matin (l’après-midi est libre).

Depuis que cette mesure a été prise par la ministre de l’Education nationale, Mme Kandia Camara, le sujet fait débat dans l’opinion. Des voix s’élèvent ici et là, pour s’interroger sur l’opportunité d’une telle décision au sujet de l’organisation de la semaine de travail dans l’enseignement primaire. Certains vont jusqu’à dire que ce n’est pas normal qu’un enfant aille à l’école pendant cinq jours, du lundi au vendredi, avec une après-midi de pause seulement. Ils estiment qu’il n’est pas nécessaire d’ajouter 7 heures de cours aux 28 heures de la semaine.

D’autres n’hésitent pas, de leur côté, à faire la comparaison avec le programme horaire de l’enseignement primaire des années 70, 80 voire 90, où il n’y avait pas cours le jeudi. C’est surtout chez les enseignants du primaire que l’on enregistre le plus de plaintes. Pour eux, si le mercredi devient un jour ouvrable, cela leur ôte le « seul jour » de la semaine où ils ont du temps libre pour faire leurs courses administratives.

Derrière toute cette agitation, il y a, avouons-le, un peu de mauvaise foi. Car, on le sait tous, depuis plus d’une décennie, les élèves du primaire ne se reposent en réalité pas le mercredi, bien que ce jour soit férié. Chaque mercredi, ils sont contraints de retourner à l’école, pas en uniforme cette fois, mais en tenue civile, pour des cours dits « de renforcement », qui sont en réalité payants. Pour les suivre, l’élève doit payer en moyenne entre 100 et 300 FCFA. Dans certains établissements, l’instituteur intime même l’ordre aux élèves, le mardi soir, de dire à leurs parents que le lendemain, mercredi, ils doivent venir à l’école avec un montant précis, qui correspond à son tarif par élève pour les cours de renforcement.

En clair, beaucoup d’enseignants du primaire travaillent le mercredi, ils ne vont pas honorer des rendez-vous dans l’administration comme quelques-uns d’entre eux le prétendent. Ils sont, pour la plupart, dans leurs écoles, parce que c’est un jour de recettes.

En décidant donc de rendre le mercredi jour ouvrable pour les élèves du primaire, la ministre de l’Education nationale leur enlève, du coup, une source de revenus. Ce qui ne leur plaît pas du tout. Et on les comprend. Ce qui ne veut pas pour autant dire qu’ils ont raison.

Au final, aller à l’école le mercredi ne changera rien à leurs habitudes. Ils le faisaient déjà. Sauf que maintenant, les élèves n’auront plus à débourser de l’argent !

Yacouba

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